Tour à tour résistant, manœuvre pour la société Coca-Cola à Los Angeles, diplômé d’économie de l’Université de Californie et fonctionnaire de l’ONU en Corée, Robert Filliou a su élaborer, à l’instar de ses camarades de Fluxus, une œuvre visant à abolir les frontières entre l’art et la vie.
Fondée sur les rapports entre le langage, l’image, la poésie et les mots, l’œuvre de Filliou interroge le processus de la création. Il affirme que l’art peut être « bien fait, mal fait, pas fait », principe d’équivalence inspiré de la philosophie bouddhiste. Ce principe, appliqué à la création du monde, donne lieu à la Recherche sur l’origine.
L’œuvre reprend les principales théories scientifiques de son époque, depuis la naissance de l’univers jusqu’à l’origine de la conscience humaine, à l’aune de l’équivalence entre philosophie extrême-orientale, connaissances scientifiques, et fait de tout cela un récit modeste, au pastel, sur une toile écrue de 84,845 mètres de long par 2,71 mètres de haut.
Chaque découverte scientifique (ADN, expansion de l’univers…) est résumée dans un petit carré tissé directement sur la toile. À la verticale, un ensemble d’idéogrammes schématise ce qui est donné de façon narrative dans le carré.
L’œuvre a été créée par l’artiste au cours d’une résidence à Berlin-Ouest en 1974.