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Le musée est étroitement associé à une biennale

Le musée est étroitement associé à une biennale. Qu'est-ce qui conduit à ce choix ?

Thierry Raspail : "Concevoir des événements qui soient associés à la construction d'une mémoire et d'une histoire est à mon avis dans l'univers culturel « globalisé » d'aujourd'hui une exigence et une nécessité.

D'une part on assiste à de nouvelles formules d'expositions que l'on appelle les biennales et qui sont intéressantes parce qu'elles sont les seules à se poser les questions d'histoire partagée, d'anthropologie globale, de co-temporalités, de co-construction et d'échange. La plupart tente de réintégrer les cultures visuelles que nous avons longtemps ignorées parce qu'elles n'ont pas connu la modernité ou qui ont des histoires différentes. Les Biennales s'interrogent sur cette discordance des temps, sur la modernité (le mot a-t-il d'ailleurs un contraire), sur les formules visuelles échappant aux intérêts occidentaux, sur les filiations, les transmissions.

Ainsi, face à ce phénomène, il y a la nécessité de construire une histoire, c'est-à-dire des repères. Ceux-ci peuvent ne pas être figés. Ils sont moins des périodes arrêtées que des partis pris ou des problématiques sujettes à variation, c'est-à-dire des relations extrêmement vastes à l'art, qui dépassent largement les questions de périodisations. Par exemple : à quel moment l'art rejoint-il ou pas la philosophie ? A quel moment le vivant peut-il être intégré ou pas à l'art ? Quand une réflexion sur l'infini est-elle produite pour les arts visuels ? A quel moment l'idée de la disparition, de la finalité ou de l'évanescence peut-elle avoir un sens ? Toutes ces questions essentielles à mon sens et posées par les artistes, sont peu portées à la « visibilité » par les musées. Pour cela un lien « structurel » entre Musée et Biennale est absolument primordial."

Dernière modification : 04/01/2012 12:07